Quand nos histoires nous enferment : comment le coaching narratif ouvre des chemins nouveaux, dignes et joyeux
Par Thierry Perrier – Coach de dirigeants et d’organisations
Il arrive que des dirigeant·es ou des équipes me contactent avec ce sentiment diffus mais tenace d’être « coincés ».
Quelque chose ne circule plus.
L’élan s’épuise.
Le doute s’installe.
Et souvent, sous ce malaise, une histoire a pris corps.
Une histoire apparemment « vraie », répétée, ressassée, amplifiée, jusqu’à devenir identitaire.
« On n’y arrive plus. »
« On ne sait pas communiquer entre nous. »
« Je ne suis plus à la hauteur. »
« L’organisation ne me laisse pas de place. »
« Je n’ai jamais su déléguer. »
« Nous n’avons pas les moyens nécessaires. »
Ces récits ont un point commun : ils sont clos.
Ils figent l’expérience.
Ils enferment la personne ou l’équipe dans un rôle qu’elle n’a pas choisi – ou dans lequel elle s’est laissée enfermer sans le questionner.
Faire émerger de nouveaux récits : redevenir auteur de sa vie
Mon approche du coaching s’inspire des Pratiques Narratives développées par Michaël White et David Epston. Elle repose sur une idée simple et puissante :
nous vivons nos vies à travers les histoires que nous nous racontons.
Lorsque ces récits sont imprégnés de jugements normatifs, de discours de performance ou de modèles sociaux inaccessibles, ils deviennent limitants.
Ils blessent l’estime de soi, altèrent les relations et freinent la capacité à agir.
Le coaching narratif n’est pas là pour « corriger » une personne ou une équipe.
Il invite à s’appuyer sur des expériences positives, à questionner les versions dominantes de l’histoire et à réhabiliter des épisodes oubliés, porteurs d’élan.
Les Pratiques Narratives proposent, comme le dit joliment Dina Scherrer auprès de qui je me suis formé, de réparer les histoires.
Le problème n’est pas la personne
Un principe fondamental de cette approche consiste à dissocier la personne du problème.
Dire « je suis dépassé » n’a pas la même portée que d’explorer comment « Débordement » agit dans ma vie.
Nommer le problème, lui donner une forme, un mode opératoire, une temporalité, permet de l’extérioriser.
Cette externalisation crée une distance salutaire :
je ne suis pas mon problème.
Je peux me raconter autrement.
Je peux examiner ses effets, ses complicités, ses résistances.
Et surtout, je peux redevenir acteur de ma réponse à ce qui me limite.
L’histoire préférée
Au cœur des accompagnements, entre deux couches de doute, émergent souvent des histoires alternatives :
Un souvenir d’audace.
Une réussite oubliée.
Une conviction restée intacte.
Un projet où l’équipe a particulièrement bien fonctionné.
Michaël White parle de ces « fines traces » : des fragments d’expérience qui ne correspondent pas à l’histoire dominante, mais qui révèlent une autre version possible de soi.
Ces traces deviennent les fondations d’un récit plus vaste, plus vivant.
Un récit qui redonne du sens, une direction, une voix singulière.
C’est ce travail que je propose aux dirigeant·es, aux managers et aux équipes qui souhaitent retrouver une nouvelle version d’eux-mêmes, un alignement plus profond entre ce qu’ils font et ce qu’ils sont véritablement.
Un coaching qui honore l’humain dans sa complexité, sa vulnérabilité et son pouvoir d’invention.
Une quête de sens dans un monde qui standardise
Dans un contexte professionnel saturé de normes, d’indicateurs de performance et de discours sur l’efficacité, il devient essentiel d’être attentif aux récits alternatifs.
Ceux qui disent le doute.
La perte d’élan.
Le besoin de sens.
Ceux qui ne rentrent pas dans les cases mais qui vibrent d’une vérité plus intime.
Accompagner ces récits, c’est faire le pari d’un leadership plus humain, plus conscient, plus durable.
C’est, comme je le crois profondément, conjuguer performance et humanité.

